Berceuse au crépuscule

Le soleil mis à nu vient caresser les vagues
Et le chant calme de la mer fidèlement
Ramène mes pensées à nos premiers serments
Le temps s'efface et meurt je me sens le coeur vague

Rose abandonnée aux croisées des années mortes
Et trop vite flétrie et trop vite laissée
D'épine et de regret mes jours ouvrent la porte
Il ne me restera qu'une chanson blessée

Mes visages aimés comme des fleurs se fanent
La ride se dessine au coeur de mes instants
Mon soleil s'est donné à la nuit qui attend
Mais qui jamais se souviendra que je fus femme

L'amour s'en va laissons la nuit nous endormir
Et qu'aux berceuses des soirs notre rêverie
Se taise à jamais nous saurons nous souvenir
Je te cède à l'ombre au hasard adieu ma vie

Qu'il est doux de partir lorsque la nuit est là
Et sans vous déranger je fermerai la porte
Les arbres mes amis seront ma seule escorte
Sur les chemins du soir j'imprimerai mes pas

Mes errances passées mes cris que mon chant clame
Vaincus et oubliés s'en iront bientôt mourir
Et dormant à jamais sur la berge océane
J'aurai l'odeur du vent pour dernier souvenir
Berceuse au crépuscule
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# Posté le vendredi 04 avril 2008 02:14

Modifié le vendredi 04 avril 2008 02:33

ULTIMA

Je m'en irai vers les oiseaux
Et sans troubler l'eau des ruisseaux

Je suis d'une ville interdite
Et dans ses quartiers de brouillard
J'attends que croulent ces remparts
Et leurs portes de nuit maudites

Il vient vers moi l'enfant hagard
Sa tête pétrifiée hésite
Au nom d'un horizon miroir
Que des rêves de pluie habitent

Monte une musique incertaine
Les maisons tremblent sur le vent
Je vois la fille aux yeux de haine
Qui me regardent dans le temps

Là-haut d'une rive lointaine
Oiseaux de folie et de sang
Fuient la vision trouble et hautaine
Des marais où meurent les vents

Je m'en irai vers les oiseaux
Et sans troubler l'eau des ruisseaux

Mais je m'enlise dans les eaux
Mon pas se perd au c½ur du rêve
Mes mains arrachent les roseaux
Et les murs m'enserrent sans trêve

Ma bouche crache un cauchemar
Un arbre sombre se balance
L'ombre rougit les nénuphars
La corde et c'est une potence

Et celui là qui a mes traits
Son corps à l'odeur du cadavre
Où est le crime qui m'effraie
Où est le passé qui me navre

Ne jamais détourner la tête
Pour retrouver le spectre ancien
Plus lourde sera la défaite
Et plus amer le nom des miens

Je m'en irai vers les oiseaux
Et sans troubler l'eau des ruisseaux

La fille tourne et les maisons
Brûlent dans ses cheveux de lune
Un cheval blanc hors des saisons
Soulève le sable des dunes

Où vas-tu cheval déraison
Quand l'incendie partout s'allume
Avec le chant de l'oraison
La mort et les ruines qui fument

Ce feu qui le lève en mon c½ur
Au plus profond de sa clairière
Consume les buissons de fleurs
Échappées aux chaleurs guerrières

Rien que ce splendide animal
Qui fuit hors de moi de ma vie
Martyre en un pays fatal
Rivée aux chaînes qui me lient

Je m'en irai vers les oiseaux
Et sans troubler l'eau des ruisseaux

Tu sens ton corps se calciner
Mais sans douleur et tu en pleures
Le temps nouveau imaginé
Tremble et naufrage dans ses heures

La fenêtre aux vitres brisées
S'ouvre soudain sur ma grand'peur
Oiseau des flammes attisées
Oiseau blessé venu d'ailleurs

Je m'en irai vers les oiseaux
Et sans troubler l'eau des ruisseaux

Tout est vide et l'oiseau s'envole
Le chant qui pleure au fond du ciel
Au jour éteint dernier obole
Le chant qui meurt au fond du ciel

Les ongles cassés mes mains saignent
En griffant la dernière aurore
Avant que le froid ne m'atteigne
Il faut briser l'écho sonore

Ma voix n'est plus qu'un souffle rauque
Le souvenir d'un nom perdu
Émergé un instant de l'eau glauque
se noie à jamais défendu

Je m'en irai vers les oiseaux
Et sans troubler l'eau des ruisseaux
ULTIMA
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# Posté le mercredi 02 avril 2008 08:35

Modifié le vendredi 04 avril 2008 01:56

Merci Max-Louis

Merci à toi qui ne t'exprime que par la poèsie. Ta visite me touche beaucoup.
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# Posté le mercredi 02 avril 2008 08:16

Mon crépuscule à Tombelaine

Araignées d'espoir filant les constellations
Tombelaine s'éteint doucement en sourdine
Le soir là-bas dans le mauve du ciel dessine
De purs horizons que jamais nous n'atteindrons

Le soleil à la nuit suprême immolation
Disparaît peu à peu de la splendeur divine
Je reste là figée en souvenirs marines
Soumise à l'ancien culte à son adoration

Clouée aux rochers j'attends que s'ouvrent mes ailes
Cachées sous les mots et les vieilles ritournelles
Pour m'envoler là-haut où s'en vont les oiseaux

Voyage ineffable où mon être partira
Bientôt légère et laissant là tous mes fardeaux
Je m'en irai si loin que le temps m'oubliera
Mon crépuscule à Tombelaine

# Posté le jeudi 27 mars 2008 05:55

Modifié le vendredi 04 avril 2008 01:56

Damoiselle en son donjon

Beau chevalier longue absence douloir
Me fait et moult pleurer quand vient le soir
Au chateau de moi mon père à grande ire
En l'amour de vous je manque sourire
Est mon coeur devenu tout désespoir
Beau chevalier

Oncque n'oublierai ce jour d'au-revoir
Où l'oeil eut grands larmes vent au mouchoir
Souvenance en ai de ce jour martyre
Beau chevalier

Si en mon donjon rêve à vous revoir
Ame ne me harie! Ains en miroir
Veillant ma jeunesse vire et revire
Ame ne me harie! Onc mais sourire
Plus doux ne doit être qu'après douloir
Beau chevalier
Damoiselle en son donjon
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# Posté le mardi 25 mars 2008 03:21

Modifié le lundi 07 avril 2008 04:52