Froideur

Une ride le matin un premier chagrin
Comme l'autre qui s'en va sans tourner la tête
Le jour succède au jour apportant ce mal être
Qui s'installe peu à peu avec le dédain

L'hiver alors s'abat et remplit notre vie
Peu à peu glacés nos corps et nos souvenirs
Désapprennent l'émoi la douceur les sourires
Les portes refermées emprisonnent l'envie

Que reste-t-il alors des rêves du passé
Que reste-t-il des voeux des serments effacés
Alors que plus sournoise encor l'indifférence

Vient murer notre espace et pétrifier nos gestes
Tout est figé sous la neige des apparences
Des saisons et des jours d'autrefois rien ne reste
Froideur
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# Posté le lundi 10 mars 2008 05:57

Modifié le lundi 07 avril 2008 05:37

Pour un Inconnu

Et j'écrivais ton nom sur une page blanche
Aux argiles des soirs je modelais ton corps
Et les chants de l'oiseau ne disaient plus qu'encor
Lorsque je dessinais ton visage aux pervenches

Et je gravais nos vies où le roseau se penche
Mais l'onde t'emmenait dans son sillage d'or
Et je criais ton nom et de plus en plus fort
Jusqu'à ce que l'écho résonne en avalanche

Et naufrageant mon coeur aux aquilons du nord
Le soleil t'effaçant m'infligeait mille morts
Pourtant je renaissais où la source s'épanche

Et m'offrant aux nuées pour trouver ton visage
J'implorais l'eau du ciel pour que ma soif s'étanche
Mais mon rêve insensé ramenait ton image


Pour un Inconnu

# Posté le jeudi 06 mars 2008 03:36

Modifié le mardi 08 avril 2008 03:01

Conte de mon amie la Lune

La Dame blanche est revenue
Froide elle règne là-bas au chemin
Mais un poète à la muse inconnue
Vient chaque nuit baiser sa main

Mais le marbre immobile et muet d'un regard
Où vie et lumière jamais ne passe
N'offre à cet amour brûlant juste un feu de glace
Maintenant il se met à genoux dans le soir

La lune qui aime à se jouer des amants
Effleure d'un rayon le visage de pierre
Et le visage dur d'un sourire s'éclaire
Le poète croit voir la fin de son tourment

Un pétale de rose glisse sur la source
Et le vent dans le soir a suspendu sa course
Fatigué d'errer il s'endort sous la feuillée
Un rayon de lune est venu à la veillée

Hier pourtant un rossignol chantait
Dans mon coeur où dans la forêt qui sait?
Je n'ai plus la force d'aimer les songes
Oui dit la nuit gardez-vous des mensonges

Il invita sa Dame à parcourir le monde
Encouragé par son silence il approchait
A ce moment se retira la face blonde
La suite n'est qu'à moi seule je la connais

Non rossignol tais-toi
La suite n'est qu'à moi

La Muse de marbre était impassible
Il s'éveilla de son rêve impossible
Je l'appelais alors mais il ne me vit pas
Il n'avait dans le coeur que l'horreur d'être là

Comme une feuille morte il chûta dans la boue
Au pied de la statue un coeur brisé
Une larme brûlait ma joue
Il s'était perdu je l'avais laissé...

Et chaque soir je suis venue à ce sentier
Une nuit la lune était haute
Triste elle se sentait en faute
Et moi je venais pour expier

Un peu de poussière volait sur le chemin
La Dame Blanche s'en était allée
Le socle vide ne portait plus rien
En moi le vide aussi mais au bout de l'allée

Sous la mousse étonnée un perce-neige
Qu'un coeur de glace en fondant avait réchauffé

Si vous me rencontrez un jour je vous en prie
Ne cherchez pas mon nom
Je ne suis plus de cette vie
J'avais aiguisé ma passion

Je ne suis plus rien qu'un peu de rêve au creux d'une flaque
Qui vogue au gré du vent qui claque
Et que la nuit parfois surprend
Comme un peu de boue et sous un reflet d'argent...
Conte de mon amie la Lune

# Posté le lundi 03 mars 2008 04:58

Modifié le mardi 08 avril 2008 03:07

Prélude au printemps

Il y a quelque chose dans le ciel
Quelque chose qui interpelle
J'ai des semences dans la tête
Des projets à tue-tête
Comme un oiseau qui se déhanche
Mon râteau sur la hanche
Je gratte sur la terre
Les cicatrices de l'hiver
Au feu brûlant vieille misère
Devenez flammes de lumière
Il y a quelque chose dans le ciel
Qui rappelle les hirondelles
Je voudrais m'envoler comme elles
Aller là-haut vers le soleil
Mais je suis plutôt comme les abeilles
Qui ne quittent jamais la rûche
Quand il fait froid je mets la bûche
Qui va brûler tard dans la nuit
Quand le vent ne fait plus de bruit
Je m'assoupis dans la tiédeur
En rêvant le parfum des fleurs
Mais aujourd'hui c'est jour de fête
La faute à mars peut-être
Il y a quelque chose dans le ciel
Quelque chose qui interpelle...
Prélude au printemps
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# Posté le lundi 25 février 2008 11:11

Modifié le lundi 07 avril 2008 05:46

La porte du jardin

La porte du jardin
Aujourd'hui j'ai fermé la porte du jardin
Je ne supporte plus le parfum de mes roses
Et le chant des oiseaux a comme quelque chose
Qui me rappelle trop le joli baladin

La saison est finie et il est reparti
Je suis dans son herbier parmi ses aventures
Souvenir épinglé avec désinvolture
A peine une saison à peine un graffiti

Le temps passe et demain que serai-je pour lui
Un écho dans le soir un sanglot dans la nuit
Quelques mots dans le vent échappés de ses lèvres

Viennent briser ce coeur je reviendrai demain
Et déjà il est loin emporté par sa fièvre
La terre est son chemin je deviens son lointain



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# Posté le mercredi 13 février 2008 05:07

Modifié le mardi 08 avril 2008 03:14