Petite musique pour mon jardin

Dans le jardin qui dort la brise vient rêver
Un peu de pluie un peu de vent je suis heureuse
De la fontaine la complainte langoureuse
Du temps qui fuit les souvenirs s'est exhalée

Un peu de pluie un peu de vent je suis heureuse
De ces feuillages le murmure des années
Du temps qui fuit les souvenirs s'est exhalée
Dans l'ombre a frémi la solitude frileuse

De ces feuillages le murmure des années
S'épanche tendrement sur la terre brumeuse
Dans l'ombre a frémi la solitude frileuse
La mélancolie a coulé sur les allées

S'épanche tendrement sur la terre brumeuse
Le dernier regret d'un amour effeuillé
La mélancolie a coulé sur les allées
Et mon coeur se confie à la brume trompeuse

Le dernier regret d'un amour effeuillé
S'offre à l'autel des rêveries aventureuses
Et mon coeur se confie à la brume trompeuse
Qui verse des mirages sous chaque feuillée

S'offre à l'autel des rêveries aventureuses
L'étrange et calme voix du grand jardin mouillé
Qui verse des mirages sous chaque feuillée
Et j'oublie à jamais ma peine douloureuse

L'étrange et calme voix du grand jardin mouillé
Vient me bercer de sollicitude amoureuse
Et j'oublie à jamais ma peine douloureuse
En aimant chaque chose que tu as aimée
Petite musique pour mon jardin
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# Posté le vendredi 08 février 2008 06:07

Modifié le vendredi 11 avril 2008 09:52

Jadis

Au long du quai les bateaux glissent
Et leurs grands mâts de voiles lisses
Caressent le ciel pâle en demi-deuil
Les vagues de la mer comme des feuilles
Volent vers lui comme à l'automne
La ville se roule dans la boue monotone
Tandis que là-bas tout devient écume
Ces tristes cheminées qui fument
Me rappellent les grèves de Norvège
Un port endormi de brume et de neige
Un air tranquille dans le vent appelle
Les barques des pêcheurs de l'océan rebelle
Alors qu'un jour gris se dessine dans mon ciel
Je revois là-bas dans ce cher pays
Au matin lorsque la mer si calme sourit
Les vaisseaux esquisser un arc-en-ciel
Aux couleurs mêlées et mouvantes sur fond gris
Mes jours ici sont noyés dans l'ennui
Je me souviens de cette rampe en bois
Qui déchirait la mer d'un trait tout noir
C'est là que je venais m'asseoir
Tout au bout lorsque mon coeur avait froid
Je me sentais si forte auprès de l'océan
Il était mon père et le criait dans le vent
Et lorsqu la marée me serrait à la taille
Pour m'entraîner vaille que vaille
Auprès de ce roi qui me réclamait
Et se désespérait lorsque je m'en allais
J'avais l'immense privilège
Avec le vent au goût de sel
Sur cette grève de Norvège
De voir pour moi l'Océan insulter le Ciel.
Jadis
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# Posté le mercredi 06 février 2008 03:37

Modifié le vendredi 11 avril 2008 09:57

Il y a des soirs...

Je me sens vieille et j'ai si froid ce soir
Ce feu qui se meurt ressemble à ma vie
Je ne sens plus la braise ensevelie
Sous la cendre d'espoir épaisse et noire

Je ne vois rien ma chandelle s'éteint
A quoi bon chercher encor la lumière
A quoi bon marcher quand tout est derrière
Pourquoi avancer il n'y a plus rien

Ma voix n'a plus d'écho pas un seul bruit
Autour de moi les portes sont fermées
Je n'entends plus rien passent les années
L'ombre étale son linceul sur ma nuit

Rester là sans bouger le froid l'ombre
Ont recouvert d'un silence pesant
Ce corps glacé qui n'est plus qu'un gisant
Pierre sans nom oubliée une tombe
Il y a des soirs...
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# Posté le mardi 05 février 2008 04:51

Modifié le dimanche 13 avril 2008 11:21

Opéra

L'automne vibre sous l'archet du temps
Une averse d'or perce les nuages
Un ballet commence un ballet de mage
Où le vent seul guide les figurants

Fée accrochée aux cheveux roux d'octobre
L'aurore blonde s'est mise à danser
Sur la scène où l'or commence à couler
Ses voiles bleus pendus aux cils d'octobre

Aux cils d'octobre aux cheveux roux d'octobre
Sur les talus de miel tout arrosés d'eau claire
De la liqueur noire et mille fois millénaire
Commence à s'écouler c'est le sang vieux d'octobre

Le sang des jours venus et des jours à venir
Ruisselle dans la gorge du petit matin
Qui donne heureux sa vie au dieu des lendemains
Pour que tout recommence achevant de mourir

Les lèvres de l'automne ouvertes sur l'hiver
jasent doucement sous les fontaines de pluie
Une impression semblable à la fin d'un beau vers
Vient de la chanson du temps : il faut que je m'enfuie

J'aime mieux le vent fou que l'été trop sérieux
Le vent qui dit je t'aime et part au bout du monde
Il me fait oublier que le temps suit sa ronde
Le temps ne vieillit pas mais nous devenons vieux


Opéra
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# Posté le mardi 29 janvier 2008 08:29

Modifié le vendredi 11 avril 2008 09:59

Pour mon amie la pluie

Arpège cristallin du ciel ennuagé
Gouttes de cristal aux lumières de la nuit
Vol éphémère et doré d'insectes de pluie
Douce musique argentée aux accords légers

Bruine mélancolique des ports étrangers
La chanson du vent ton chant d'amour qui s'enfuit
Emmène les amants aux portes de la nuit
Et referme sur eux les serments échangés

Et ta fraîcheur sait calmer les c½urs agités
Et ramener la paix sur la terre irritée
Des troupeaux assoiffés tu es la providence

Je n'ai jamais peur lorsque l'orage m'invite
Je mêle mes cheveux à ses cheveux de pluie
Sur les sentiers mouillés jamais mon c½ur n'hésite
Pour mon amie la pluie
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# Posté le samedi 26 janvier 2008 09:35

Modifié le lundi 14 avril 2008 09:14