La chûte de l'ange (pour Oxmo)

Un ange est tombé du ciel ce matin
Et son étoile a pleuré sur la terre
Puis sur nos coeurs un peu de sa poussière
Est venu sublimer notre destin

L'espérance a tissé de longs fils d'or
Amours jurées avec amours perdues
Souvenirs joies et peines confondues
Nos rêves prisonniers quand tout s'endort

Eternel otage de cette toile
Un ange a pleuré des larmes de sang
Plumes rouges de l'aube en se levant
Il s'est caché dans cet immense voile

Le dieu jaloux qui l'a laissé tomber
A murmuré son nom pour qu'il revienne
Mais englué dans la douleur humaine
Il est trop lourd et ne peut que pleurer
La chûte de l'ange  (pour Oxmo)

# Posté le mardi 15 janvier 2008 03:19

Modifié le lundi 14 avril 2008 09:27

Le bateau blanc jadis et maintenant

Dans mes chantiers un grand vaisseau blanc est armé
Depuis tant de jours dans le port de mon enfance
En regardant la mer il attend qu'on le lance
Et pour le retenir faudrait le désarmer

Sur le miracle nu de l'océan mouvant
Il rêve de tempête où filer de l'avant
De l'écume à la proue et le vent à la poupe
Sans peur du naufrage et sans besoins de chaloupe

Va droit au coeur du monde vogue mon vaisseau
Et brise ton amarre et grise toi du large
Grave dans le tumulte la marque d'un sceau
Que les vents t'ont donné et l'océan si large

Quand la nuit t'alourdit si tu rêves d'escale
Prend garde au chant des sirènes mon vaisseau blanc
Il te charme au coeur pour te déchirer le flanc
Pour voguer met ce coeur au fer à fond de cale

Le vaisseau de ma jeunesse est en cale sèche
Ses voiles déchirées sur la coque une brèche
Par où s'est évadé le temps des années folles
Dans mon port désert ce vieux rafiot dégringole

Comme un vrai matelot il connaît des histoires
Qu'il se raconte au soir avant de s'endormir
Parmi les splendeurs d'écume et les vieilles gloires
Hollandais volant dans le flot du souvenir

Il a tant bourlingué mon trop vieux loup de mer
Mais jamais n'a doublé le cap Bonne espérance
Echoué sur la plage un vaisseau en souffrance
La coque craque au temps la rouille mord au fer


Le bateau blanc jadis et maintenant
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# Posté le vendredi 11 janvier 2008 07:10

Modifié le lundi 14 avril 2008 09:30

Si j'existe encore...

Si j'existe encore...
Automne, été, hiver quelle importance.

Mais j'aime flâner dans ce chemin qui se dépare.
Les feuilles, flaques de miel, odorantes et mouillées,éblouissent de clarté les grands troncs verts et noirs.
Des feuillages s'achèvent dans le vent de novembre.
Et le brouillard mêlé au ciel sans fond, sans limite, dans une vapeur grise me cache aux yeux du monde.
Je me sens seule mais je me sens bien, je me comprends.

Tous ceux que je croise ont déserté ma vie.

Je me sens pareille à l'avenue, droite et brillante. Miroir de pierre bordé de frondaisons multiples.
En larges plaques, le brun confus des broussailles piétinées à demi rentre déjà dans la masse de la terre.
Tout commence par là, tout finit par là.
Une goutte bleue suspendue à l'aiguille d'un sapin hésite encore entre
la branche et la terre.

Tout finira par un écrasement.

Là-bas, des humains se précipitent au carrefour. Un amas de tôles indistinctes attire leurs regards.
Ils passent sans me voir.

Comment savoir si j'existe encore ?

Je le comprends, aux chuchotements des dernière feuilles qui subsistent encore.

J'ai longtemps crû les arbres malheureux et gémissants.

Je sais maintenant, par ces cimes fières, hérissées dans le vent, âpres et noires, tours Eiffel sans gloire, par ces murmures sauvages, ces soupirs jaillissants souvenirs de la brise d'été,
que s'ils pleurent parfois, emmurés de brouillard c'est de ne pouvoir Mourir plus vite pour renaître plus vite.

Tout s'achève par là, tout commence par là...




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# Posté le jeudi 10 janvier 2008 03:42

Modifié le lundi 14 janvier 2008 07:11

Un soir ...

Quand les voiles blasées laissent le vent qui fouette
Il est à mon coeur paisible un air familier
Qui monte le soir de l'océan fatigué
Mêlé de cris de vagues et de bruits de mouettes

L'artiste horizon couche en sa large palette
Avec les mauves du soir les cuivres dorés
Avec le chant du coq le triomphe étoilé
Qui suspend son arcade au ciel pour une fête

Derrière les filets les maisons des pêcheurs
S'éteignent peu à peu vacillantes lueurs
Que la nuit vient souffler quand la plage est déserte

C'est l'heure infidèle où s'éparpillent serments
C'est l'heure où je contemple à ma fenêtre ouverte
Ciel et mer suspendus au trapèze du vent
Un soir ...
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# Posté le mercredi 09 janvier 2008 08:32

Modifié le lundi 14 avril 2008 09:34

"heureux qui comme Ulysse..."

Sur le pavé luisant les montées étaient brèves
La fenêtre était basse et le jour incertain
Mais la pluie y coulait des accents mélodieux
Il pleuvait sur Liancourt il y pleut tous mes rêves

Ma ville en pluie avait le goût d'un coeur qui crève
Un coeur d'eau et de vent de roseaux cafardeux
Avec le bruit léger d'une aile d'oiseau bleu
Il pleuvait sur Liancourt il y pleut tous mes rêves

J'écoutais le vent vivre assise à ma fenêtre
Fille du monde et des saisons de tout mon être
Et j'ai laissé là-bas beaucoup plus qu'un passé

Un fantôme étonné d'être seule et qui erre
Par des rues où le vent d'hiver a effacé
L'ombre de ma jeunesse accrochée à ces pierres
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# Posté le mardi 08 janvier 2008 10:18

Modifié le lundi 14 avril 2008 14:58